Un Blog dans le Grenier

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dimanche 19 juin 2011

Une page se tourne au Grain...

Cela fait maintenant près de trois ans qu'Un Grain dans le Grenier a ouvert ses portes au 1 rue du Mail. Trois ans que j'essaye, avec l'aide d'Antoine depuis l'année dernière, de vous proposer une alternative de consommation, privilégiant les produits issus de filières locales "en direct producteur" - des yaourts aux fruits et légumes, en passant par les huiles, les farines, les jus, les vins, les confitures,... - et les produits issus de filières équitables pour tout ce qui ne pousse pas dans la région - le café, le thé, le chocolat, les épices, le riz et le quinoa, les fruits exotiques, etc.

Aujourd'hui, Un Grain s'est fait sa place sur le Plateau, et ce grâce à vous, à votre fidélité, à vos retours, grâce aux discussions que l'on a pu avoir au comptoir, autour d'un café ou d'une dégustation de vin. Et si l'activité s'est pérennisée, elle demande cependant à se développer encore un peu.

Dans ce contexte, et afin d'insuffler un nouvel élan au Grain, j'ai décidé de passer la main, et de laisser la place à Nathalie, votre nouvelle épicière, qui au 1er Juillet prendra le relais et vous accueillera à l'épicerie. Attachée à la démarche, elle compte bien entendu conserver la même approche, tout en apportant sa touche personnelle, avec des évolutions que vous découvrirez à la rentrée de Septembre... Et Antoine sera lui aussi toujours présent, fidèle au poste!

Pour ma part, c'est bien entendu avec un peu d'émotion que je vous quitte, et que je tourne la page sur une aventure de plus de quatre ans. Une aventure qui m'a apporté beaucoup, aux travers de nombreuses rencontres, toutes plus attachantes les unes que les autres: que ce soit avec vous à l'épicerie, ou des liens se sont forcément tissés avec le temps, qu'avec les producteurs, dont certains sont avec nous depuis le début... Mais les aléas de la vie sont ainsi faits, et je vais également profiter un peu de de cet été pour passer du temps en famille, il y a du rattrapage à faire!

D'ici là, et parce que je n'allais quand même pas partir comme ça, je vous propose de venir fêter ce renouveau le jeudi 30 juin à partir de 17h00 et jusqu'à 20h00 - ou plus... - pour un pot de départ à l'épicerie, à l'occasion duquel vous aurez l'occasion de rencontrer Nathalie. On vous attend nombreux!!!

A bientôt, et bon vent au Grain! Philippe

jeudi 14 octobre 2010

Terres d'Entraide - Solidarité Paysan

Rediffusion ce weekend sur France 3 Rhône Alpes Auvergne du documentaire de Patrick Viron, réalisateur Croix Roussien, sur le travail de l'association Solidarité Paysan, qui vient en aide aux paysans en difficulté.

Témoignages poignants de ces hommes et ces femmes qui partagent un attachement à leurs terres, leurs animaux, leur métier, mais qui traversent aujourd'hui des difficultés, liées au changements économiques et sociétaux actuels.

A voir, ce samedi 16 Octobre, à 15h25.

Et pour plus d'info sur l'association PIMS, à l'origine du projet, vous pouvez jeter un oeil sur les liens suivants:

Ses actualités: http://associationpims.canalblog.com

Ses vidéos en ligne: http://www.dailymotion.com/associationPIMS

Microsoft Word - annonce FR3.doc

jeudi 26 août 2010

Depuis dimanche, nous vivons à crédit...

Comme l'indique le Global Footprint Network sur son site, nous avons consommé depuis le début de l'année tous les biens (biomasse, biodiversité) et les services naturels (ré-absorption de CO2 par exemple) que la planète peut nous apporter pour l'année.

En d'autres termes, depuis le dimanche 24 Août, nous vivons donc "à crédit", en puisant dans les stocks de notre planète et en accumulant déchets et CO2 excessifs.

Simple équation de "supply & demand": le Global Footprint Network calcule tous les ans ce que la Planète est à même de nous apporter en terme de biocapacité et de ressources naturelles d'un côté, et ce que nous consommons (ne parlons pas de besoins...) sur cette même année. Jusqu'à il y a environ 30 ans, nous consommions moins que ce que la Planète pouvait fournir: une bonne gestion de père de famille... Mais depuis, ce ratio s'est inversé, et chaque année nous "tapons" donc dans les stocks de l'année suivante: nous vivons donc à crédit, et qui plus est, de plus en plus: ainsi à titre de comparaison, l'an passé, cette date noire avait été fixée au 25 septembre par l'ONG, soit un mois plus tard...

A croire que nous sommes aussi forts en gestion économique - où les dettes des Etats sont devenues de véritables institutions - qu'en gestion de notre patrimoine écologique...

Une preuve de plus que c'est à nous de jouer, au quotidien bien entendu, mais également en faisant pression sur les politiques et industriels, au niveau local et national.

jeudi 1 juillet 2010

Puisqu'on parle de cochons...

Pour faire suite à l'article ci-dessous concernant Edith et Laurent, voici quelques liens pour aller plus loin, et pour mettre les choses en perspective.

Tout d'abord, un article du Monde sur les femmes d'agriculteurs, que l'on peut étendre aux conjoints d'agriculteurs-trices (ainsi chez Edith et Laurent, c'est bien Edith qui est responsable de l'exploitation). Des témoignages poignants qui montrent encore un peu plus le quotidien des agriculteurs français.

Ensuite, et à l'opposé de tout ça, un aperçu de l'impact des élevages "industriels" sur l'environnement (on ne parlera pas de l'impact sur les animaux eux mêmes....), dans un article de Rue 89. Un enjeu important en Bretagne, où se concentrent une bonne partie de ces élevages, mais important aussi dans ce qu'il démontre que les régions françaises - tout comme les pays à l'échelle internationale - sont en train de se spécialiser dans certaines productions, au détriment d'une autonomie complète, et d'une agriculture vivrière locale... à méditer...

Enfin, last but not least, un documentaire de la Télévision Suisse Romande sur la grippe "porcine", née dans ces énormes porcheries industrielles, rapidement - et habilement - renommée ensuite grippe "H1N1". Vous allez comprendre pourquoi. Un docu de 45mn, il faut donc un peu de temps, mais ça vaut le détour.

Voilà, avec ça on est à des années lumières de l'exploitation d'Edith et Laurent. Et heureusement! Car c'est évidemment aussi pour ça qu'on travaille avec eux...

jeudi 17 juin 2010

Les producteurs - 1 - La ferme de Didou

La ferme de Didou, c'est la ferme bio d'Edith et Laurent Berizzi, éleveurs de porcs à Beaupont, dans l'Ain.

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Nous travaillons ensemble depuis maintenant un an, et les habitués de l'épicerie connaissent leur viande (en commande toutes les trois semaines, au détail ou sous forme de paniers), leur charcuterie (jambon, noix de jambon, saucisson et saucissonnette!) et leurs terrines (notamment celle au vin jaune... miam!).

La ferme se situe sur les hauteurs de Beaupont, à environ 70kms de Lyon, et fait face au Revermont.

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L'exploitation s'étend sur 45 hectares dont 32 d'un seul tenant, ce qui a motivé Edith et Laurent lors de leur installation en 2003. Après des débuts en élevage de vaches laitières, à une époque où le lait bio n'était pas recherché, et donc acheté par les laiteries à des prix dérisoires ne permettant pas d'en vivre (c'est d'ailleurs toujours le cas sur le lait non bio aujourd'hui...), ils s'orientent vers l'élevage de brebis (pour le lait et les produits transformés, fromages notamment) avant de franchir définitivement le pas vers l'élevage d'animaux pour la viande: porcs et agneaux.

Aujourd'hui à la tête d'un cheptel d'une centaine de porcs, et d'autant d'agneaux et d'agnelles, la ferme est en pleine transformation, car la charge de travail a beaucoup évolué. Il faut comprendre qu'au début, il "suffisait" de mener une bête par mois à l'abattoir, alors qu'aujourd'hui, deux sont emmenées chaque semaine, bientôt trois, un niveau qui permettra de pérenniser l'exploitation. Alors forcément, avec l'augmentation du nombre d'animaux, la charge de travail a également explosé.

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Les céréales nécessaires à l'alimentation sont en majorité produites sur l'exploitation: 17ha sont en culture, et génèrent près de 45 tonnes de céréales. Il en faut un peu plus pour couvrir l'ensemble des besoins, le complément est donc acheté à des céréaliers bio, à un surcoût non négligeable (330€ la tonne achetée, 180€ la tonne produite...!). Edith et Laurent essayent donc de produire un maximum sur place, afin d'assurer l'autonomie de la ferme. L'alimentation est également complétée en protéines, avec des tourteaux de soja bio. Les céréales sont entreposées dans deux silos de 30 tonnes chacun, qui assurent un stockage suffisant pour la ferme. Un "écraseur" est utilisé afin "d'aplatir" les grains (ils ne sont pas moulus) pour les rendre plus digestes.

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Les porcs sont nourris deux fois par jour d'un mélange protéines et céréales, mais Laurent et Edith mettent progressivement en place des systèmes de mangeoires qui ne nécessitent plus qu'un seul remplissage quotidien. Faut dire que ça bouffe un cochon: pour atteindre leur maturité, les bêtes passent en un peu moins d'un an de 12kg à leur arrivée (mignons tout plein) à une grosse centaine de kilo au moment de leur départ. Pour cette progression, il faut compter environ 450kg de céréales par cochon... Et là, fini les petits cochons roses, on a affaire à de véritables "bestiaux" d'une force et d'une agilité assez surprenante: les places sont chères au bord des mangeoires, et il faut savoir jouer des coudes pour avoir sa ration!

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En phase de maturation, et c'est le petit secret de la ferme, l'alimentation est complété par un aliment surprenant: du petit lait provenant d'une fromagerie de comté bio. Incroyable, mais les cochons en raffolent, il faut les voir se jeter sur le mélange céréales / petit lait. Là également, il a fallu trouver une fromagerie ayant un débit suffisant, afin d'assurer les rations quotidiennes. Pour le coup, et toujours par souci de cohérence, Laurent et Edith ont recherché - et trouvé - une fromagerie proche de l'abattoir, ce qui permet d'amortir les déplacements.

Parce qu'une fois arrivé à maturité, les porcs partent donc à l'abattoir. Un abattoir certifié bio - forcément. Puis la découpe est réalisée - à la ferme - en fonction des besoins et des commandes. Le surplus est utilisé pour confectionner les terrines, les charcuteries, qui sont réalisées par Edith elle-même. Les épices utilisées sont là aussi toutes bio. Un séchoir a également été aménagé - contigu au "labo" de transformation - où sont entreposés saucissons et saucissonnettes pendant le temps nécessaire à un bon affinage.

Sechoir_1.jpg

Au delà du travail quotidien à la ferme (auquel les enfants participent de bon cœur, même Benjamin, le petit dernier!), il faut encore ajouter le suivi des réglementations et certifications. Ainsi récemment, associés à d'autres éleveurs, Edith et Laurent ont dû traîner en justice la préfecture de l'Ain, qui imposait une vaccination obligatoire - contrairement aux autres préfectures. Et ils ont récemment eu gain de cause, en mai dernier. D'ailleurs la solidarité fonctionne bien entre agriculteurs et éleveurs. C'est ainsi grâce à Edith et Laurent que nous avons découvert Emilie Creuse, qui vous propose les faisselles et fromages frais et secs de chèvre. On aura l'occasion également de vous faire découvrir son exploitation bientôt.

Voilà donc un petit aperçu de ce qui se passe "derrière le produit". C'est un bon moyen pour nous de vous faire découvrir - ou re-découvrir pour certains - l'envers du décor, chose que l'on n'a pas toujours l'occasion de faire la boutique. Et c'est un peu frustrant - autant pour nous que pour vous on imagine - car c'est aussi ça un commerce alternatif, c'est redonner une certaine proximité avec les producteurs. Et on compte bien renouveler l'expérience le plus possible, alors stay tuned!

Bon, et pour ceux qui voudraient goûter les produits d'Edith et Laurent, ça se passe pour les commandes de viande (la prochaine est prévue pour le 30 juin, vous pouvez commander par mail: contact@grain-grenier.fr jusqu'au 27 juin). Les terrines et charcuteries sont en général toujours dispo à l'épicerie, suffit de passer ;)

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